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Vous n'avez pas de chance. Mais je n'y suis pour rien, S'il fait un froid de chien et jusqu'à l'impudence. Rien ne distingue plus la falaise de la mer Sur le versant pentu de ce Cap Béar Dont les rochers en pierres grises, se coulent au gris Des eaux qui s'accaparent de son reflet trahi. Des Tritons en colère agitent en vagues brèves, Les ondes balnéaires qui déferont sans trêves Les images en miroir d'un ciel tourmenté, De nuages pressés là où se perd un phare. Je n'ai rien d'autre à faire qu'à chanter doucement Prier le solaire qu'il éclaire brillamment Le bleu de ma parure pour qu'elle vous apparaisse Comme robe de déesse en satiné d'azur. J'aime à glisser sur l'aile juste au ras des rochers Ou chasser avec zèle comme le font les traquets, Des insectes qui volent comme le font les lucanes, Des insectes qui flânent comme les collemboles Ou bien des papillons s'il arrive qu'ils s'égarent. Car sur ce Cap Béar, il faut être faucon Pour résister au vent qui souffle et tramontane, Mettrait en rabattant les oreilles des ânes. Puis-je vous conseiller d'aller voir mes enfants. Ils sont depuis longtemps sur les pentes escarpées Où des châteaux cathares achèvent de se ruiner. Dîtes c'est de ma part ou vous ne les verrez. J'espère qu'ils vont bien. Je me suis dit qu'un jour, Que je ferai un tour dans ces pays païens Chauds comme l'entrée du four où brûlent les chrétiens. Si Dieu connaît les siens : qu'il m'aide pour mon séjour, Qu'il entende ma prière, fasse fondre les glaces, Pour que monte la mer ou bien qu'il la déplace Avec ses golfes clairs jusqu'aux pieds des Corbières.
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