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L'oie des moissons (toundra) (Anser fabalis rossicus)



Dans votre laine polaire, je vous sens étonné
Du grand froid qu'il peut faire en plein mois de juillet,
Quand tous les thermomètres ont la roupie au nez,
Qu'ils envient fort vos moufles et vos parkas fourrés.

Je promène mes poussins cachés dans les herbiers
Que fréquentent des sarcelles, des petits chevaliers,
Des harles, des bécassines, sûrement affamés,
Car tous fouillent la vase qui s'étale sous vos pieds.

Mais nous, nous resterons toujours hors de portée.
Nous voir dans vos jumelles, faut vous en contenter.
Le vent d'est, en rafale, finit de vous geler.
Vous feriez mieux, c'est sûr, d'aller vous réchauffer,
D'autant plus qu'un nuage verse ses eaux glacées,
Que votre longue-vue est couverte de buée…

Revenez donc demain, alors je vous promets
De ne pas me montrer de toute la journée.
Vous ne croiserez que deux rudes finlandais
Enfouis dans leur pick-up et se frottant les mains,
Car ils ont froid pour vous et vous pensent atteint
Gravement de folie tant le temps est mauvais.

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