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Qu'un oiseau peu connu, rare et localisé Et moineau de surcroît, de la race moabite, Vous écrive une lettre pourrait vous étonner. Si vous êtes savant, vous saurez que j'habite Autour de la mer Morte depuis la nuit des temps Et comme tel, je suis témoin privilégié De tout ce qui se passe en pays Canaan, Une terre promise… à la seule cruauté ? Car depuis quelque temps, elle redouble partout Et jusqu'alors, jamais, je n'avais décompté Autant de Ponce Pilate préoccupés surtout De savoir si le cours du baril va monter ; Devant un président qu'ils baisent sur la bouche, Pour un Mac Do pas frais, sans exception se couchent ; Ils ne se mouillent pas ou seulement sous eux Quand ils ont peur, parfois, ou parce qu'ils sont vieux. Je connais bien l'histoire d'Israël, c'est ma terre. Bien avant que Lucie ne rencontre Robert, Qu'ils se fassent singes nus et se tiennent debout ; Bien avant que les Dieux à l'est de l'Eden N'inventent le pommier de la race golden ; Bien avant les déluges de feu, de sang, de boue Qui Gomorrhent aujourd'hui toute la Palestine ; Mon espèce y vivait, secrète et clandestine. Les hommes de mon pays connaissent leur histoire, D'errance et de souffrance, en détail, bien souvent,… (Est-il vrai que chez vous, même les crématoires Sont niés par d'aucuns qui se voient présidents ?)… Mais ils n'en tirent pas de leçons, c'est dommage. Les oiseaux apprécient les paradis sur terre, Car le mot guerre n'est pas dans leur vocabulaire. Le mot niche a suffi à nous maintenir sages. Comprenez que la niche dont je parle est bien sûr Le métier que professent les bêtes dans la nature. Elles tuent, mais sans haine, il le faut, pour manger. Jamais elles ne le font, juste pour humilier. Imaginez un peu les charniers, les charognes Si elles s'y mettaient, comme ça, sans vergogne ? De même, il ne leur viendra jamais à l'idée D'envahir les leurs et de les coloniser, Car c'est perdu d'avance. Les colons d'Israël En pogromisant les descendants d'Ismaël, En fomentant les troubles, ont fait un mauvais choix… Mais qu'un moineau babille et donne de la voix, Á l'oreille des humains paraîtra subalterne. Ils n'écoutent rien d'autre que la criffe et la dent Et prennent souvent les messies pour des lanternes. Quant aux marchands du Temple, ils vont boursicotant…
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