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Des arènes mouvantes envahissent la plage, Car les eaux d'un ruisseau se perdent sous le sable Et la thixotropie vous aurait englouti, Les bottes, les pantalons, les épaules, le visage… Du sable dans la bouche, c'est vite inconfortable. Vous vous êtes donc assis pour voir des cocorlis. C'est la fin du mois d'août. Ils venaient d'arriver Á côté du Dossen, des lointains sibériens Où le sol est gelé et pour toujours la tombe Des mammouths congelés, mémoire d'outre-tombe De ce que fût la terre, bien avant le würmien, Lorsque près de Mourmansk, le climat tempérait. Je cours vite, sur le sable, sur mes deux pattes noires, À la poursuite des mouches que vous ne pouvez voir, Car elles sont minuscules. Vous n'êtes pas tout près. Á moins que vos jumelles qui ont l'air si puissantes Et si neuves à la fois, vous permettent de compter Tous les poils de leurs pattes, fournis comme bacantes. Ailleurs, sur la toundra, vous regardiez des rennes... Je m'étais approché avec tous mes enfants. Nous fuyions devant vous à travers les lichens. Fuir est un bien grand mot, disons, en trottinant Et surtout sans cesser jamais de babiller, Car ce cri de contact sert à nous rassurer. On cueillait une mouche, un moustique imprudent. Vous faisiez demi-tour et nous, pareillement, Revenions nous placer devant vous en volant. Nous vous aurions suivi encore pendant longtemps Si vous étiez allé, en marchant doucement, Vers là où nous allions, mais, manifestement Nos routes divergeaient, alors, nous envolant, Vous avons laissé seul, en vous abandonnant.
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