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La mésange boréale (Parus montanus)


Voilà, je vous confie un secret formidable.
Je crois que j'ai trouvé la raison pour laquelle
Les bourgeons, au printemps, se défripaient les ailes
Et recouvraient de feuilles, les saules et les érables,
Les arbres qui les perdent d'une manière générale…

Les bourgeons, vous savez, sont comme des chrysalides
Dans lesquelles s'enferment les chenilles des piérides,
Des tordeuses ou des sphinx, pour penser au nuptial.

Mais si les animaux dans leur environnement,
Agissent le plus souvent, disons, efficacement,
C'est qu'ils ont un cerveau et des organes des sens…

Les plantes n'en ont pas quelles que soient les essences !

Les savants unanimes, pour expliquer les feuilles,
Avancent l'allongement du photopériodisme.
Forts de leurs certitudes et en tout illogisme,
Ils taisent le pinéal… et c'est bien là l'écueil.

Dans le cerveau des bêtes, il y a des molécules
Qui servent de médiateurs aux synapses des neurones
Qui font qu'elles apprécient et même qu'elles calculent
Le temps que dure la nuit quand le jour la détrône.
Les arbres ont une écorce, pas vraiment cérébrale.

Comment apprécient-ils que le temps est venu,
Au printemps qui renaît, de chasser l'hivernal,
De faire enfin de l'ombre en devenant feuillus ?

Là, nous intervenons…

Les mésanges, les sittelles, toutes les sortes de pics,
Explorons tous leurs trous, leurs conduits auditifs,
En murmurant tout doux :

__ Il est temps maintenant de nous faire des ombrelles. __

Et si nous chantons fort, c'est qu'ils sont durs d'oreille !

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