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Mérinos à moelle


L'usine de fer à cheval et de lame de faux
Avait été vendue pour quelques paturos
À Cobra du Bengale*, quelques années plus tôt,
Quand il ne fabriquait que des lames de couteaux.

Mais Cobra du Bengale, cochon qui s'en dédit
Avait juré, craché, finalement promis
Qu'aucun des moutons qui bossaient dans l'aciérie
Ne serait licencié tant qu'il serait en vie.

Moins de deux ans plus tard, sans tambour, ni trompette,
Aux moutons licenciés, il leur faisait minette
Et la croix de Lorraine et les sabots dondaine,
Et crois à mes fredaines ou mes calembredaines.

Mais Virus** était là, vigoureux mérinos
Lutinant Pécora*** qui était à la noce.
L'argent ne manquait pas pour faire des annonces
Éludant les questions autant que les réponses.

Virus promis alors aux métallomoutons
Qu'il ferait en une fois et pour toutes pour de bon
Ce qu'il n'avait su faire quand c'était le moment
Et qu'il ferait bientôt dans les deux ou trois ans.

Les discours politiques sont des sarkoleptiques
Qui rendent les moutons et les bœufs léthargiques
Capables de gober toute escobarderie
Qui vaudrait qu'ils se fassent sitôt hara-kiri.

Virus, comme d'habitude, jouait sur du velours.
Son discours démagogue mettrait deux ou trois jours
Avant d'être compris. Mais ce serait trop tard.
Virus avancerait un nouveau gros bobard.

5 février 2008 / «® / ©»



* Cobra du Bengale est la plus quatrième pourriture du monde.
** Virus est l'actuel président des Pâtures.
*** Pécora étale la lune sur tous les écrans du bocal.