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Des cannes et des roseaux mêlés aux lauriers roses Indiquent clairement que la nappe alluviale Contient encore de l'eau, sans doute encore potable, Puisque vous l'avez bue sans qu'elle vous indispose. Une pompe à moteur à essence qui crachote, Remonte le liquide jusqu'à un abreuvoir Qui déborde, s'écoule et va donner à boire Aux pastèques, aux pois chiches et même aux échalotes. Des prunes qui pendouillent comme des couilles d'âne Font ployer les branches en voûtes fraîches où l'ombre Abrite pour dîner de jeunes paysannes Qui se moquent de vous et mangent des concombres. Les hommes vous entourent et font une muraille Comme pour les cacher et la main sur le cœur, Parlent tous en même temps… en turc, c'est duraille De comprendre qu'ils veulent que vous soyez des leurs. Ils vous montrent un endroit où vous pourrez dormir, Vous offrent du thé à vous priver de sommeil Jusqu'à vos derniers jours, jusqu'à l'heure de mourir En vous faisant pisser pire que bière en bouteille. Sur le livre d'oiseaux, ils trouvent ma photo. Ils miment mon allure. Ils imitent mon cri, Capturent une sauterelle et la mettent en morceau Et prétendent, à tort, que j'ai grand appétit. Pour me voir, il faudra que vous soyez patient, Les écouter chanter et boire du raki Qui vous saoule aussi bien qu'il soûle les musulmans, Mais ne donne la migraine que si l'on est roumi.
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