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La mante religieuse (Empusa pennata)



Je le dis, je l'affirme. Non, jamais je ne mange
Mon mâle quand il copule, même si ça me démange
Vous ne me croyez pas ?

___________________Les idées toutes faites
Ont vraiment la vie dure et les hommes s'entêtent,
Chaque fois qu'ils le peuvent, à leur donner du corps…

Qu'on prouve qu'elles soient fausses, ils le nieront encore !

C'est une de mes cousines dont le genre est Mantis
Qui, parfois, cannibale la tête de son amant…
Et, de là, à déduire que nous le faisons toutes,
Il n'y avait qu'un pas et sans le moindre doute :
Les nègres sont, pour sûr, rien que des fainéants !
Les Suédoises toutes blondes et légères de la cuisse ;
Les Anglais plutôt roux, sûrement pédérastes ;
Les Italiens voleurs ; les Roumaines gymnastes ;
L'Irlandais protestant, mais surtout à Belfast
Et vous de mes saillies, pas vraiment enthousiaste.…

Vous le savez, sans doute, je n'ai pas de cerveau,
Juste des ganglions, par les Dieux programmés

Mes actes sont figés et stéréotypés.
Je ne puis rien apprendre, enfin rien de nouveau…
Il m'arrivait souvent d'envier l'intelligence
Que l'on prête aux hommes qui parlent avec aisance…

Mais, j'ai changé d'avis. Je préfère rester sotte
Et capturer des mouches dans le fond du jardin

Je décidai cela, d'un coup, un beau matin.
Vous buviez un café en beurrant des biscottes,
Écoutant les infos qui s'enchaînaient sans trêve,
Sans recul, sans critique et toujours bien trop brèves

Je compris sur-le-champ que toutes ces émotions
Vous rendaient impuissant, incapable d'agir,
Puisque à peine diffusée, l'info est obsolète
Et vite remplacée par une pub pour Gillette
Ou le déodorant indispensable à l'homme
Dont on vide la tête comme on croque une pomme

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