®
La mangouste (Herpestes ichneumon)



Les molécules de l'air brûlent comme un plasma.
Un paysan revient d'un improbable champ,
Perdu comme sont les îles au sein des océans,
Caché dans le maquis, jamais, on ne le voit !

Il traîne devant lui un âne qui transpire
En tirant un brabant, c'est sûr, préhistorique.
Ce modèle existait au paléolithique,
Des améliorations l'ont reproduit en pire.

Serradilla, au loin, se prépare pour la sieste.

De derrière des volets qui font les maisons fraîches,
Parviennent les échos des voix un peu grièches
Des femmes volubiles et le bruit des assiettes.

À l'heure où tout s'écrase, même l'ombre des pins,
Je bondis sur la piste, regarde s'éloigner,
Le paysan qui presse son pas de galérien.
Je me dresse séant sur la queue appuyée.

Mon compagnon furtif me rejoint sur le sable,
Frotte un instant sa tête doucement sur mon râble,
Regarde de tous côtés et marchant de conserve,
Me dit les cris charmants qu'à l'amour, on les serve.

Sommes-nous rigolotes pendant que l'on s'éloigne
À la queue leu-en l'air sur ce chemin d'Espagne ?

Je ne le saurai pas. Nous aurions fait la fête.

Ce jour-là, fait exprès, c'est sûr, je fus distraite.
Car je ne vous vis pas !

*