®
La macreuse noire (Melanitta nigra)


Je vis dans une troupe au large de l'île Dumet.
Au vol, elle forme comme un spermatozoïde.
Bon nombre des oiseaux sont en tête, pressés
Et les retardataires, à la queue qui ondule,
Tentent de rattraper l'avant bien plus rapide.
Il se pose en premier et l'arrière par-dessus.

J'aime la haute mer au-dessus des hauts-fonds
Où je plonge profond sur des bancs de mollusques
Que j'arrache du support et que vite, je déguste
Avant de remonter, avant de manquer d'air.
Je n'ai pas de poumons comme ceux des poissons
Qui peuvent se passer de l'oxygène de l'air.

Je ne me montre guère en territoire lapon,
Non pas que je sois rare, mais souvent, je m'éclipse.

Il n'y a qu'à Vichy que César a tout vu.

Il faudra revenir, une autre fois de plus,
Avant que les Dieux ne vous dépêchent Charon,
Qu'Armageddon vous fasse l'ange et l'apocalypse.
Revenir à nouveau sur mes toundras arctiques,
Sur mes tourbières acides où vivent des droséras,
Dans ma forêt humide envahie de moustiques,
Ou s'ennuient, pour des siècles, de grands épicéas,
Sur mes lacs glaciaires entourés de moraines…
Venez, je vous attends. … À une fois prochaine !

*