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Le lynx pardelle (Lynx pardina)



Le soleil est couvert d'une épaisse poussière
Qui, de rouge, colore toute la troposphère.

La tête d'un grand cerf pointe au-dessus des brandes.

Il agite ses bois pour éloigner les mouches
Qui bourdonnent par millions et seraient bien capables
De vous vider le sang, vous laisser sur la touche,
Au bec des vautours qui planent toujours en bande.

Des perdrix rouges piètent sur la piste de sable.

Sur une aire dégagée, environnée de cistes,
Les oreilles dressées, assis sur mon derrière,
Je demeure immobile, regarde devant moi.

Je me lève, je m'étire, j'ai l'air d'un gros chat.
Je marche vers l'avant en surveillant l'arrière.

Je m'assieds de nouveau, je me mords une pelote.

Une épine, sans doute, me pique. Alors, j'insiste.

Enfin, il faudra bien qu'elle veuille que je l'ôte.

Puis, vigoureusement, je me secoue la patte,
La frotte sur le sable, la lèche. Je n'ai plus mal.

Je baille longuement. Je vous montre mes dents.

Enfin, au petit trot, je m'enfonce dans ma jongle…

Je laisserai mes traces de gros chat, sans les ongles,
Plus fines que celles que laisse mon cousin boréal,
Qui vit dans des forêts, au loin, vers les Carpates
Ou plus près, en Jura, mais depuis moins longtemps.

*