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La lycose de Narbonne (Lycosa narbonensis)



La pente rocailleuse et de sables ochracés
S'achève par un talweg où une petite mare
Permet à quelques pins, rabougris, tourmentés
D'accueillir l'agrobate et tous ses tintamarres.

Vous êtes venu, là, surprendre les gangas
Quand ils viennent, au matin, s'abreuver, se baigner,
Avant qu'ils ne s'en aillent et passent leurs journées
Dans de vastes déserts où l'homme ne va pas.

Mais la nuit appartient aux grosses tarentules
Qui pointent aux terriers, soulèvent leurs opercules,
Observent ce qui se passe de toutes leurs ocelles,
Capturant ceux qui passent, fussent-ils cicindèles.

Je suis venu tout près, à vous toucher le nez.
Vous devez être myope pour ainsi vous pencher,
Me regarder de près, vos yeux dans mes huit yeux.
Car je vous hypnotise, si je veux, quand je veux.

Nous sommes très nombreuses et courons en tous sens.
Quand nous nous rencontrons, ce qui arrive aussi,
Nous nous battons un peu et roulons en tous sens.
Puis nous nous séparons, car chacun vit sa vie.

La nuit est avancée. Vous allez vous coucher.

Il fait déjà bien chaud quand vous vous réveillez.

Les gangas sont passés. Ils n'ont pas attendu.
Et nous, dans nos terriers, nous avons disparu.


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