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C'est ça, levez la tête. Serais-je un rossignol ? Bien sûr, la lusciniole ! Vous n'êtes pas si bête. Où aviez-vous la tête ? Dessous votre casquette ! Mais vidée par le vent, bien froid et pénétrant, Qui souffle sur l'étang tout près de Perpignan. J'habite dans les phragmites, parmi les grands typhas Où nichent des phragmites. Vous le savez déjà. Sur des vases salées, encombrées par des scirpes, Des chénopodiacées desquelles on extirpe De la soude, je crois. La soude, ça sert à quoi ? Á déboucher les chiottes ? Vous avez de ces mots ! Vous êtes polyglotte ou parlez hottentot ? Á moins que vous soyez comme une sorte de savant ? J'en vois de temps en temps qui viennent observer… __ Des ornithologistes ! __ donc c'est vrai, ça existe ! Je trouve que je suis belle, tout ce brun sur les ailes, Ma tête de traquet et ma queue relevée, Mes blanches sous-caudales et dès l'occipital, Un masque bien tranché. Avouez qu'il me sied ! Ma gorge immaculée, franchement, c'est le pied. Vous n'êtes pas convaincu ? Vous auriez préféré Davantage observer mon nid d'herbes tenues Tout garni des aigrettes que je prends aux massettes Avant que le vent fou, qui vient du Canigou, Les disperse à tout va jusqu'à Alcantara ; Ou bien mes tout petits, qui vont quitter le nid, Á peine emplumés pour s'en aller traîner Dans la steppe salée et aller se cacher Entre les salicornes, quand les vents furibonds, Des vaches, tenteront, leur arracher les cornes.
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