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Vous êtes venu. Hombre ! Je me désespérais sur mes garrigues sèches Proches de la dehesa, en Estremadura. Sûrement le mot dèche vous viendra à l'esprit. Mais vous n'êtes pas d'ici. L'apparence est trompeuse… Si le niveau de vie n'est pas très élevé, La vie peut être heureuse pour les hommes bien nés, Qui ne font pas de bruit. Ce pays en Espagne, Certes n'est pas cocagne ! Mon cri vous interpelle, je ne me montre pas. Je reste assez rebelle. Je n'aime pas qu'on me voit. Je circule par terre ou entre les ramilles, Capturant des chenilles ou bien des vers par terre. Et d'un coup, je m'envole et me pose soudain Dans les cistes et les thyms et à nouveau décolle Pour cueillir prestement un insecte qui passe Et aussitôt trépasse. Je l'avale goulûment. Puisque vous êtes là pour me voir, je me montre Sur le haut d'un buisson, au milieu des arroches, Pareille à la grisette. Vous regardez ma tête pour voir mes lorgnons. Il faudrait que j'approche. Je ne serais pas contre, Mais ne le ferai pas, car je suis une fauvette, Je n'en fais qu'à ma tête, je reste bien cachée Au fond de mes fourrés, et c'est en pure perte Si vous êtes en alerte. Comme chez les linottes, voyez-vous, c'est la tête Qu'est fragile chez les bêtes. Je m'oublie dans mes notes Et vous offre mon chant, bien en vue, grésillant. La queue bien redressée, j'ai l'air tout excitée. C'est pour mieux disparaître, assurer de mon mieux Ma tâche chasseresse, dans les chênes kermes Ou bien pour mieux renaître, en ni une ni deux, Pour un trop bref instant, dans le lacis fouillis, Quand monte alors mon chant comme un doux gazouillis.
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