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J'aime bien mon herbage peuplé de grands bœufs roux. J'y reviens chaque année au début du printemps. J'accompagne la huppe qui arpente ce champ. Elle fouille dans les bouses en faisant poupoupou. Moi, je fais lululu du haut de ce poteau Dont le rôle est, je crois, qu'on l'aurait planté là, Pour des câbles cuivrés que l'on électrifiât, Qu'ils ne se perdent pas et arrivent au hameau Pour que brille l'ampoule quand le soleil s'éteint. Regardez donc là-bas, cet oiseau-là m'épate C'est un bruant proyer qui va traîner les pattes Quand il va s'envoler de cette viorne tin. Je me serais trompée. Ce serait un sureau ! Sans doute en botanique, faudrait que je m'instruise. Mais, regardez par terre, auprès du fossé d'eau Qui court autour du bois comme lagune à Venise. Vous y verrez encore des langues-de-serpent Qui sont des ophioglosses ou bien m'abuserais-je ? Ces plantes-là survivent-elles à la neige ? Ou font-elles comme moi, fichent-elles le camp ? Maintenant, permettez, il est grand temps pour moi De survoler ce champ et de pousser mon chant. J'aime à voler en rond, mais aussi quelquefois En spirale ou tout droit ou encore en tournant, Au-dessus de ma douce qui couve mes enfants Qui, si vous approchez de trop près de son nid, Vous fera, sûrement, avec tout son talent L'oiseau malade, blessé, tout près de l'agonie Et vous entraînera... ______________(comme elle le fait des chiens… Dont vous conviendrez avec moi qu'ils sont bien Des crétins…) __________... assez loin. Puis s'envole et se perd Quand vous avez perdu tous vos points de repère.
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