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Le lièvre brun (Lepus capensis)



Ah ! ça, l'on m'a trompé. Cela fait trois cents ans
Que cette fable court. Cette histoire de tortue,
De course dans les champs et que j'aurai perdue.

Je l'avais entendue, mais j'étais ignorant
De qui l'avait pondue. Quelle était cette fable
Qui nous discréditait et dans tous les médias,
Altérait notre image sans qu'on y remédiât ?

Il y a peu de temps comme je passais à table,
Je trouvais un bouquin qui sitôt m'intéresse.
Je le ronge, le dévore, bien assis sur mes fesses.
Heureusement, d'ailleurs, je tombai de moins haut
Quand je compris enfin l'origine de nos maux.

Monsieur de la Fontaine, c'est vous qui l'écrivez,
Dans une fable, en toutes lettres et sans ambiguïté
Que la tortue avait consommé l'hellébore…
Quatre grains, juste assez, afin que le contrôle
Qui vise à vérifier qu'on n'a pas dans le corps
Des substances interdites et dont on sait le rôle
Qu'elles joueraient sur les muscles et sur leurs performances,
Ne soit pas positif et décide les instances...
Las ! à vous déclasser, laisser déshonoré !

Ainsi qui l'aurait cru, la tortue se dopa.
Tout le monde le savait et personne n'osa,
Je n'en sais les raisons, clairement le dénoncer.
On priva de médaille mon aïeul valeureux
Parce qu'à l'arrivée… d'un rien, il vire en queue !

Que ne revient-on pas sur cette histoire passée ?
N'y aurait-il pas, là, un devoir de mémoire ?
Combien y a-t-il eu dans le temps, de victoires,
Sauf à nier l'évidence, qui furent usurpées,
Des chinoises bourrées à la tortue ninja,
Des nageuses à moustaches venant de l'Est allemand ?…

Qu'un juge bouge enfin, décide subitement,
D'aller mettre son nez et semer son caca,
Pour que ça sente bon dans le monde du sport…

Alors, comme tartufes, on accuse le mulet,
D'avoir un peu trop vite, l'E.P.O. consommé,
Et qu'à ce crime-là, ne convient que la mort !

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