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Le lérot (Eliomys quercinus)




Arrêtez de bouger que je puisse ronger.
Je m'arrête de ronger sitôt que vous bougez.

Vous avez mis une pomme au-dessous du camion.
C'est pour que je m'approche. C'est à mon intention.
Je suis donc venu là pour que vous m'observiez.
Mais j'aimerais bien mieux que vous ne m'éclairiez !

J'habite dans ce trou qui s'ouvre entre deux pierres
Dans lequel j'apportai des feuilles de fougères
Pour m'en faire une couche pour quand les jours sont frais.

Car la nuit, je gambade. Je prends garde à l'effraie
Qui pourrait me surprendre quand je suis occupé
À grignoter des fruits ou bien des araignées.
Car si j'aime les fruits, j'aime aussi les insectes,
Les petits oisillons, les mille-pattes, les lézards
Ou bien les escargots et même les souris,
Car je suis ubiquiste, toutes proies me délectent.

Il faut que j'en profite pour vite, me faire du lard.
L'hiver même précoce me trouve endormi.

Je suis des gliridés, sans doute, le plus terrestre.
J'aime les causses arides et les forêts calcaires,
Les petits champs de blé tout entourés de pierres.
J'aime aussi les jardins où je trouve des restes.
Je n'aime pas les bocages et les prairies trop grasses,
Car dans les herbes hautes, il me manque l'espace.

C'est pour ça que souvent, en Mayenne, en Bretagne,
Je vis près des maisons tout comme dans les montagnes.

Vous pouvez me chercher aussi dans les pelotes
Des renards quelquefois, plus souvent des hulottes.
Vous les trouvez, parfois, au détour des chemins.
Elles signent, sans ambages, mon bien cruel destin.

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