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La libellule déprimée (Platetrum depressum)



Si vous parlez des ailes, déprimées, c'est d'accord…
Lorsque je me repose et si le temps est chaud,
Mes ailes retombent un peu, dirigées vers le bas,
Comme ça, elles me font de l'ombre sur le corps.
Si le temps est pluvieux ou carrément au froid,
Elles sont horizontales et même de niveau.

Mais, dépressive, jamais et encore moins maniaque.

Je me contente d'une toute petite flaque
Et des insectes qui viennent à y passer,
Sans faire bien attention à leur genre, à leur sexe,
Pas plus qu'à leur faciès.

________________________J'évite les sirex
Ou les bourdons de terre, aussi les coccinelles…
Á leur manière, chacun pourrait être mortel !

Je passe beaucoup de temps sur la branche d'un buisson,
Sur le chemin de terre ou de quelque perchoir,
Á guetter l'univers, tentant d'apercevoir
L'insecte qui fera proie sur laquelle je fonds
Ou bien un congénère pour faire un brin de course,
Dans un bruit d'ailes froissées, le premier à la source
Dans laquelle on pond des larves au masque d'alien…
Elles effraieraient sans doute même Sigourney Weaver…

Elles vivront tout leur temps dans la vase organique
Avec des prosobranches, quelquefois vivipares,
Des sialis, des aselles, des planaires, des gammares,
Des phryganes blindées, des larves de dytiques,
De moucherons fantômes et leurs larves de verre…
Et naîtront pour qu'enfin, les adultes se promènent.