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Latent... Sion !



Vautour rendit visite à Bison d'Amériques :

Le Ara moabite, il faut que je le nique.
Je voudrais le voir mort et que son peuple meure.
La raison des plus forts serait enfin meilleure.
Pourquoi donc m'obliger à leur signer la paix,
Á leur faire un état que je ne souhaite pas ?
Toute la Palestine sera un cimetière
Tant que de la saisine de ses eaux, de ses terres,
Je n'en sois assuré afin que mes vautours
Vivent gras et replets et cela pour toujours.


J'ouvre une parenthèse, mais à Jérusalem,
Je connais un diocèse où vit un Œdicnème
Qui porte la soutane et me disait hier :

Vautour n'est qu'un âne. Il sait gagner les guerres,
Mais la paix, n'en veux pas. Il accuse le Ara
De n'être qu'un terroriste. Je pense, quant à moi,
Qu'il est bien qu'il résiste. Le Vautour fait une guerre
De colonisation, avec obstination, sans savoir que naguère,
Les peuples opprimés les ont toutes gagnées.
C'est une question de temps et de morts inutiles.
Et Bison n'est qu'un gland, doublé d'un imbécile.
On en reparlera, mais j'ai raison, je crois.


Dans le plus grand secret et le salon ovale,
Bison parla de paix :

________________Vautour, bel animal,
Je ne puis rien faire d'autre que de vous soutenir,
Car ici, bien des vôtres ne voudraient plus m'élire.
Qu'importe les traités. Faut-il les respecter ?

Jadis, sur nos prairies, d'herbes grasses et fournies,
Nous touchions la plume d'avecque les Dindons,
Plus cons que des enclumes, le calumet, fumions,
Pour mieux les endormir, les tuer et les occire.
Nous le fîmes si bien que ceux qui survécurent
Maintenant ne font rien qu'à prendre des bitures.

Faites donc un traité et signez le tout seul
Le Ara est usé, bientôt dans son linceul,
Il sera inhumé. Faites donc un traité,
Inique, inacceptable et autour de la table,
Invitez vos amis du peuple des brebis,
Des cochons, des chevaux, des lapins et des hases,
Mais faites table rase des Aras, des Moineaux.

Vous aurez bien cent ans, sans que l'on vous embête
Sauf de temps en temps et le soutien des bêtes
Pour partout implanter vos colonies armée ;
Vous pourrez continuer si le Ara en plante,
D'arracher, de brûler, ses vignes, ses oliviers ;
De tuer ses poussins qui ramassent des plantes
(Par erreur, vous direz que chassiez des colins) ;
De polluer ses puits, ses nappes phréatiques
En déversant vos fientes, vos entérococciques ;
De dénicher ses nids à coup de bulldozers
Puisqu'ils pollueraient l'air de fragrances puantes ;
De raser ses abris qui sont une menace…

Le Ara sera pris comme au fond d'une nasse,
Finira par se taire et vous l'économie
D'une trop longue guerre…
____________Toutes les paix ont un prix !
Au Ara de payer et que le vent l'emporte !

Vautour, quand partirez, refermez donc la porte.

L'hirondelle des fenêtres (Delichon urbica) / (10 juin 2002)__________