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La chouette lapone (Strix nebulosa)


Mon petit sur la piste est allé se fourrer,
Quittant imprudemment l'abri de nos fourrés.
Il se tient immobile. Vous l'auriez écrasé.
Mais au dernier moment, grâce aux freins écrasés,
Vous l'avez évité au pris d'un dérapage
Et garé le camion au milieu du virage.

Aussitôt descendu, vous l'avez attrapé,
Posé sur votre bras en dépit de ses serres
Qui traverse le parka et la laine polaire
Et vous perce la peau qui se met à saigner.
Mon petit nous alerte et il claque du bec
Auquel nous répondons et sans salamalecs…

Nous vous attaquerons en vous visant les yeux,
Faisant choir la casquette en vous manquant de peu
Jusqu'à ce que vous nous rendiez notre béjaune
Dans son habit duvet, brun et blanc mélangé,
Ses grands yeux étonnés et entièrement jaunes
Qui s'habituent à vous, ne voient pas le danger.

J'ai du mal à comprendre que vous n'en êtes pas un.
Non plus que vous restiez ainsi qu'un importun,
Des heures à nous suivre, sous nos épicéas
Et risquer de vous perdre dans cette taïga
Souffreteuse et tourbeuse, envahie de moustiques,
Malgré vos répellents, qui vous piquent et repiquent.

Et puis vous croiserez des éléphants d'Asie,
Échappés du matin d'un cirque à Pajala.

Ils cherchent Père Noël, c'est pour ça qu'ils ont fui
Un numéro minable ; de leur talent indigne.

Vous leur dites : la Finlande, c'est tout droit, c'est par là…

Ils filent et de la trompe, ils vous feront un signe.

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