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La lanterne à sonailles


À l'Union des Moutons du pays des Pâtures,
C'était la débandade et la déconfiture.
Députés et barbons sentaient bien la menace
Qu'il y aurait à voter contre la populace
Quelque loi scélérate qui autoriserait
Les maïs transgéniques dont personne ne voulait.

Chacun traînait les pattes, les griffes et les sabots.
Chacun percevait bien qu'à jouer les godillots
Et voter cette loi, leur coûterait leur siège.
Alors tous, sans férir, tombèrent dans le piège
Que leur tendaient les Bœufs qui tenaient leur victoire
Et revenaient en force dans les livres d'Histoire.

Pour le temps d'une nuit, car la loi OGM
Fut vite consacrée au terme d'un stratagème
Telle quelle, sans amendement, sans aucune discussion
Pour le seul bénéfice, la seule satisfaction
Des multinationales dont le seul but avoué,
Était de contrôler tous les garde-manger.

Quand vous aurez trop faim, Ô peuple des Pâtures,
On vous tuera sans peine dès le moindre murmure.
Il serait temps sans doute, s'il vous reste quelque force,
De balayer ceux qui, complice du négoce,
Vous condamnent à mort à force d'immangeable
Sur une planète perdue devenue invivable.

Le temps n'est plus à l'heure des parlotes, des causettes
Quand de la politique, on espère quelque miette.
Le temps est arrivé de nier le pouvoir
S'il n'offre rien à vendre, d'autre, que désespoir.
À défaut de canines, usons de nos molaires
Pour ne plus être encore les damnés de la Terre.

15 mai 2008 / «® / ©»