®
Lallouette, tu seras plumée !


Les moutons des Pâtures s'ils restent au chômage,
C'est bien évidemment qu'ils manquent de courage.
Ce sont des fainéants qu'il convient de punir,
Fermement, durement, pas question de faillir.

Ainsi parlait Virus* dans la bouche de Limande**
Pour qui l'oisiveté que l'on ne réprimande
Est donc récompensée, le travail rebuté…
Il fallait à tout prix sauver la société.

Sur les chantiers, les vieux, perclus de TMS !
Et s'ils meurent, c'est tant mieux, on leur dira la messe.
Les horaires décalés et les produits toxiques
Ne feront plus rien à ces déjà agoniques.

Limande, pendant ce temps, n'en branlait pas une rame
À se salir une main, c'eût été tout un drame.
Elle laissait le soin à ses collaborateurs
De préparer l'avenir de tous les travailleurs.

De définir sans eux et sans les syndicats,
Quelle offre raisonnable, on ne refuse pas
Sous peine de radiation des caisses d'allocations,
Échappant de peu aux camps de concentration.

Limande, qui n'était plus de toute première fraîcheur,
N'entendait pas encore le chant des travailleurs
Qui montait des Pâtures, partout et à tue-tête
Et qui suggérait que l'on plume l'allouette.

9 mai 2008 / «® / ©»



* Virus est l'actuel président des Pâtures.
** Limande, née l'allouette, est ministre du Numérique et des Bijoux effacés.