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Laid na!



Bélier avait raflé la mise à la roulette.
Vanneau, en grand secret, voulait baiser Biquette.
Flamant, mais de bien peu, avait sauvé sa tête
Et Cheval de retour, c'est bien la balayette
Qu'il avait dans le cul, le manche et l'étiquette.
Céladon jurait de sauver le gypaète.
Penthotal, en gondole, se retrouvait en tête,
Comme un produit pas frais. Il fallut qu'on la jette.
Le Pigeon jacobin, maintenant obsolète,
Enduisait de curare quelques armes secrètes.
Génisse la bougresse qui, maintenant, regrette
D'avoir contraint d'ouvrir toutes les superettes
Pendant trente-cinq heures, finit dans l'oubliette.
Ragondin se voit Ministre jusqu'à perpète,
Sauf si la subversion préparée par Belette,
Empêche de mettre en place les réformes qu'il projette.
Virus veut se doter d'une police secrète
Et Mangouste prépare, en disant c'est trop bête
De ne pas profiter qu'on a toutes les assiettes
Pour rester à la diète ou même pire, honnêtes,
De ne pas amnistier le Bélier et les bêtes
Qui ont pillé, volé et vidé les cassettes.
À moi les pièces jaunes, se rengorgeait Biquette,
Pour payer mon château à la bonne franquette
Et pour remercier Dieu, je vide les burettes,
De Mérinos aussi, s'il me fait galipette.

Toutes ces billevesées ne valent pas tripette...
Des vers de mirlitons ne font point un poète.

J'en conviens volontiers, mais point ne les regrette.

Du peuple des pâtures, j'en ai ras la casquette.
Il ne vaut sans doute pas un coup de baïonnette.
C'est pourquoi je préfère me chatouiller la luette,
Sur un fil électrique, pousser ma chansonnette,
Jouer à nous poursuivre et à faire la fête,
Avant de m'endormir, bien au chaud sous ma couette
Et me taire à jamais pour être à jamais muette.

L'hirondelle des fenêtres (Delichon urbica) / (17 juin 2002)__________