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La ville de Kirkenes arrange en contrebas Ses maisons alignées. On n'en voit que les toits Et devine les jardins peuplés de gorge bleues Qui, depuis des années, s'anthropisent un peu. Je me tiens immobile au bord d'une saulaie Qui colonise les bords d'une grande dépression Que remplit, au milieu, une tourbière acide Toute envahie de sphaignes et plus qu'à moitié vide, Mais qui va se remplir, car une dépression Versent ses trombes qui me laissent détrempé. Je me tiens immobile, car je préfère l'averse, Qui me tombe sur le bec, au crachin qui me mouille En gouttant de ces saules, plus sûrement traverse Mes plumes imbibées comme la peau des grenouilles. Je me tiens immobile et parfois m'ébouriffe. Je suis gelé partout jusques au bout des griffes. Je me tiens immobile. Si je penche la tête, J'ai une goutte au bec et si je me secoue, Le fond de l'air est frais, s'insinue, me pénètre, Me transis. J'ai la fièvre. Je tremble de partout. Je n'ai aucun abri, pour qu'au chaud, je m'y mette. Las ! j'envie les Finnois derrière leurs fenêtres, Auprès du poêle qui ronfle au milieu de la pièce. Je suis comme un gueux qui mendierait une pièce. Je rêve d'un pays où il ne pleuvrait pas, Où je serais ganga à l'abri sous l'ombrelle ; Ou bien, s'il y pleuvait, qu'alors ce soient des perles Qu'on offre aux gravelots qui s'en font des colliers... Franchement, à dire vrai, ce temps-là me fait chier Et vous aussi, je crois, qui me quittez déjà Pour sauver un pouillot souffrant d'hypothermie. Au chaud sous votre couette, vous lui ferez un nid.
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