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Journal intime


Je serai le président du pouvoir d'achat :
Du mien, d'abord, bien sûr, car je suis le pacha ;
Du vôtre, peut-être, sauf si les caisses sont vides.
Mes femelles, mes amis sont tellement avides,
Qu'il faudra que je creuse les déficits publics
Et n'augmente, jamais, d'un centime le SMIC.

Je ferai de la pub pour le pouvoir d'achat,
Pour noyer les poissons sous mes prêchi-prêcha,
Assez, et je l'espère, pour qu'enfin on y croit
Et achète deux jambons, mais pour le prix de trois.
Le peuple des Pâtures ne tiendra plus sa joie.
Jusqu'au bout, il faudra qu'il la porte, ma croix !

Et s'il tombe malade d'une longue affliction,
Je lui ferai payer très chère l'addition,
Le trou de la sécu afin qu'il désespère
Du modèle d'assurance où tous seraient frères
Au profit du privé qui me prête ses jets
Et me met à la Une de toutes ses gazettes.

C'est ma dernière trouvaille : faire des économies
Sur le dos des malades qui sont en fin de vie.
Leur soigner le cancer, mais sans aucun confort
Pour qu'ils souhaitent ardemment qu'arrive enfin la mort
Surtout s'ils n'ont pas pu souscrire une assurance…
Je jouis rien qu'à l'idée de ruiner cette engeance.

Et si, sur un tarmac, un policier se flingue
Et tombe de son toit, alors ça me rend dingue,
Ça m'excite et me vaut de prendre deux Prozac…
Ça me colle une trique même sans aphrodisiaque
D'autant que j'ai baisé les moineaux moabites
En leur parlant de paix que voudraient les sémites.

Rien de ce que j'ai dit ne sera jamais fait…
Au pays des Olives, qui donc voudrait la paix ?
La guerre n'a pas de prix, mais c'est le gagne pain
De ceux qui travaillent à ce qu'elle n'ait pas de fin.
Et je travaille pour eux. Ils me le rendent bien.
Je suis à leur côté. Le pouvoir me va bien.

24 juin 2008 / «® / ©»