Sabotage !
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L’important, c’est la rose !




Depuis une semaine, Touitie* en redemande,
Car je bande et on baise… Plus on baise plus je bande !
C’est revenu d’un coup en voyant ces gazelles,
Ces chacales, ces bufflesses et toutes ces chamelles,
Qui m’offraient ce que prennent, de force, les missionnaires
Ou d’autres fous de dieu en habit mercenaire.

Au pays des Gerboises et de la Transhumance,
Je venais faire la guerre, sans pitié, à outrance
Afin d’éradiquer ceux, qu’il convient de dire
Qu’ils sont des terroristes et qu’ils doivent mourir
Pour préserver nos chances de piller le pays
Qui regorge de naphte, d’or et de rubis.

Mieux encore d’uranium afin que nos centrales
Nous assurent à jamais l’indépendance totale
En énergie pas chère qui permet que fonctionnent
Nos usines à sabot, pour qu’elles restent championnes
Sur la Planète entière qui est partout en crise
Sur laquelle, je l’avoue, je n’ai aucune prise.

Au milieu des you-yous, des boubous, de la fête,
Je me sens important et me dis que c’est bête
De devoir retourner au pays des Pâtures,
Me frotter à Lippu** et d’autres pourritures,
Affronter le budget de l’Euromembrement
Qu’il faudra bien baisser d’au moins quatre pour cent.

Je voulais la croissance. Mais la seule chose qui grimpe
C’est le courroux des bêtes, au point que sur l’Olympe,
La colère des dieux aurait l’air d’un murmure
À côté de ce qui se joue sur les Pâtures.
Je voulais la croissance. Je n’ai que la rigueur
À proposer aux bêtes pour leur plus grand malheur.

Ce dont je me réjouis… Faut-il que je précise ?
Quiconque croit mon discours fait preuve de sottise.
Les promesses que je fais ne sont que des arnaques.
Récession me fait l’effet d’un aphrodisiaque.
Quant à austérité, je la prône, sous la couette,
Entre les deux brancards de ma belle brouette.

Le reste, je m’en tape. Je ferai ce qu’il faut
Pour soigner mes sondages… Aux Pâtures, c’est des veaux.
Je ferai des annonces qui feront sensation.
J’annoncerai ainsi ma prochaine démission
Et promettrai d’aller, pour raison d’incurie,
Démêler les chevaux au fond de l’écurie.

Car c’est de l’impuissance que tous les maux me viennent.
Les traités camisoles et leurs règles nous tiennent
Incapables d’agir face aux banques qui nous ruinent,
Aux patrons qui menacent de fermer les usines,
À la Bourse dont on craint qu’elle éclate comme une bulle
Et à Mops*** qui me tient pour le dernier des nuls.

Puisque couper les banques, ça paraît impossible,
Que réformer l’école serait inadmissible,
Je ferai du mariage entre deux mérinos
Une œuvre dont on dira, partout dans le cosmos,
Pourquoi j’ai raison de me sentir important
Comme quand je fais la guerre pour écraser un taon.




12 février 2013 / «® / ©»



*Touitie est le petit nom que Scorpion donne à sa compagne Mante religieuse dans l'intimité.
**Lippu est le ministre de Budget de Scorpion.
***Mops est la chancelière du pays des gras Doryphores et des Patates.