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Vous êtes bien trop près, bien trop près à mon goût, De mon nid, ma nichée. Et je suis en courroux. Je pique sur votre tête Et j'y ferai des trous à travers la casquette Qui la cache en dessous. Je suis très en colère. Je n'aime pas qu'on m'embête. Je n'aime pas votre tête et son propriétaire. Comment ça pour me voir ? Vous me trouvez jolie ! Aimez mes gazouillis ! Allez donc vous asseoir et je vais vous montrer Comme je sais piloter et prévoir par avance Où sont les turbulences qui longent ma falaise, Où je fais du surplace avec le vent de face ; Comme je me sens à l'aise avec le vent derrière Qui m'entraîne en vitesse en me poussant aux fesses, Comme si j'étais poussière. Je connais tous les vents, les effets Coanda, Tous les écoulements laminaires ou pas, Toutes les ascendances, même tourbillonneuses De ma paroi rocheuse… Mais au fait, j'y pense, avez-vous vu mon nid, De boue et de torchis, collé à la paroi Et juste sous le toit de la voûte d'une grotte, Juste au-dessus des crottes, qui maculent la pierre Et viennent du derrière de mes petits enfouis Dans une couette de plumes ? Ils sont encore petits, tout nus et sans les plumes. Il faut les réchauffer et les nourrir souvent De mouches et d'araignées emportées par le vent, Dont je fais des boulettes enduites de salive Et d'enzymes digestives. Pas besoin de fourchette pour leur faire avaler. Ils ouvrent le gosier. Et au premier venu, je l'enfourne jusqu'au cul Où là, je récupère une balle d'excrément Que vite je libère pour qu'elle vole dans le vent. Il leur faudra un mois pour être assez grands Et penser sérieusement filer au Sahara.
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