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L'hélophile pendulant (Helophilus pendulus)



Puisque vous êtes là, le bec grand ouvert,
Tout ce temps, à béer, à l'ombre du couvert
Où des rais de lumière percent la canopée
Où je fais du surplace, j'aimerais vous parler
Des syrphes qui vous intriguent et dont vous recherchez
Qu'elles vous indiquent aussi leur niche préférée.

C'est au stade larvaire qu'il faut nous étudier…

Les larves aphidiphages sont sans grand intérêt.
Elles mangent des pucerons et sauf à rechercher
Qu'elles sont spécialisées en une espèce donnée,
Les larves aphidiphages sont sans grand intérêt,
Si ce n'est qu'elles sont d'une telle voracité,
Que des hommes voient, chez elles, même de la cruauté.

Les larves de mon espèce ont beaucoup d'intérêt.
Je les ponds dans le bois putride des cavités
Qui s'ouvrent dans les arbres creux de vos forêts.
À défaut d'arbres creux, je le fais volontiers
Dans un tas de vieux pneus ou dans un seau rouillé.
Mes larves queue-de-rat vont ainsi recycler
Les matières organiques, le pourri, le souillé.

Il faut bien s'y coller, nettoyer la planète…
Car qui, à part les syrphes, lui feraient sa toilette ?

Mais, quand je suis adulte, brillamment coloré,
Je fréquente les fleurs quand elles sont parfumées.
Je me chauffe au soleil en faisant du surplace.

Je vole aussi, ainsi, mais elles restent de glace,
Au-dessus des femelles qui butinent les fleurs.
Je les suis où elles vont. J'attends qu'arrive l'heure
Qu'elles veulent qu'on les baise, qu'on le fasse et qu'on meure,
Pas trop vite, pas trop tôt et parfois, par bonheur,
Nous passerons l'hiver à peine abrités
Dans le froid affrontant le vent et les gelées.

Mais au premier rayon de soleil qui réchauffe,
Je vrombis, je bourdonne, je me montre, vous échauffe
Pour que vous veniez vite me tirer le portrait
Et fassiez admirer ma très grande beauté.

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