®
L'hirondelle des cheminées (Hirundo rustica)


Savez-vous vraiment l'origine de mon nom ?

Je vais vous la redire. Il y a hir, en breton,
Cela veut dire long. Aronde, c'est la queue.
Quant à elle… sûrement, c'est rapport à l'oiseau.
Hir-aronde-elle, avouez, ce nom est beau !

Quant à la cheminée, il y a longtemps que
L'on n'en trouve plus guère. Elles s'ouvraient béantes
Dans les maisons anciennes, comme cavernes géantes,
Certes, un peu enfumées, mais j'aimais y nicher.

Je dus me satisfaire des bâtiments de ferme,
Des granges ou des greniers où je pouvais trouver
Une poutre saillante et bien mener à terme
Mes deux ou trois couvées…

______________________ Pourquoi autant d'efforts ? __

Pour la survie, que Diable !

____________________Pour regagner l'Afrique
Quand chez vous il fait froid, quand le vent est au nord !

C'est un voyage pénible et c'est cadavérique
Que j'y arrive enfin. Et beaucoup d'entre nous
Ne pourront y survivre, les plus faibles surtout.

Ce n'est pas la distance que l'on craint, mais le froid
Ou les intempéries qui nous privent d'insectes.
La mer ou le désert nous remplissent d'effroi.
Mais toutes ces contrées se traversent direct.
Savez-vous ce qu'on dit quand on arrive au Cap,
Au terme de notre course aux multiples étapes ?
C'est le plus loin possible où nous puissions aller.
Quand nous y parvenons l'été pointe son nez :

« Qu'un million d'hirondelles ne fait pas le printemps,
Que pluie fine en été ne passe pour mauvais temps
»

*