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J'habite sur un djaure à côté d'Arjeplog. Djaure est un mot suédois qui désigne les lacs. Les lacs ne manquent pas tout autour d'Arjeplog, Des grands et des petits, pas plus grands que des flaques. Vu de loin, en éclipse, je ressemble à un grèbe, Si ce n'est que ma tête est toute blanche et barrée Par un gros sourcil sombre. Imaginez l'Erèbe. C'est encore plus flagrant avec nos bien-aimées. Seulement, si je bouge, et je bouge beaucoup, Le doute n'est plus permis. Je suis bien un canard, Au sens large du mot, car j'en diffère surtout Au fait que jamais, je ne vais sur les mares ! C'est façon de parler. Il me fallait une rime. Car en réalité, je me pose n'importe où, Sitôt qu'il y a de l'eau où le courant est mou Et des petits poissons dont nous, nous nous nourrîmes !… Et au présent aussi… À titre indicatif, Je mange des rotengles et des petits gardons, Des flûtes de brochet, surtout s'ils sont chétifs, Que j'attrape de mon bec qui me sert de harpon. Mon outil de travail, vous le savez sans doute, Est crochu tout au bout, avec des dents-de-scie. Quand je prends un poisson, je ne crains ni redoute Qu'il s'échappe soudain… Et conserve sa vie. Si vous voulez me voir quand je suis au plus beau, Pratiquement tout blanc avec des lunettes noires, Je vous donne rendez-vous, sur des eaux, près d'un square, Près de Kiel, en Allemagne. Vous y serez bientôt.
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