| Jesús i María ! Vous êtes sur mon delta, Lequel est envahi des alluvions de l'Èbre Et surtout, voyez-vous, de goélands d'Audouin Qui braillent à qui mieux mieux. Ils en font du potin ! C'est vrai qu'ils sont bien mille, si j'en crois mon algèbre. Ils survolent des champs de riz pour paella. Ce qui nous attire là ? Ce sont tous les insectes, Tant qu'il en reste encore. Car partout dans le monde, Le paysan soumis obéit à la secte Dont l'idéal avoué, c'est d'abord qu'on inonde Tous les champs de produits phytoparasitaires, Qu'on vend en quantité et de plus en plus cher Ou qu'on les noie de fientes ou qu'on les vaporise Avec celles des cochons pour parfumer la brise. L'Espagne, pendant longtemps, su mieux se protéger Des multinationales qui vendent l'OMG. Mais nos campesinos sont cons comme vos Bretons Qui, en moins de trente ans, tout seuls, se sont ruinés. Ils avaient tout gobé, tout ce qu'on leur disait, Qu'il fallait qu'ils ne bossent que pour l'exportation ! Qu'ils élèvent des poulets pour qu'on les tue kasher Et en pétrodollars qu'ils soient vendus pas cher Á des pays arabes qui les congèleraient Et les exporteraient, mais via le Paraguay, Vers le supermarché ou vous les retrouvez Avec un label bio, puisque vous l'exigez. Les oiseaux ne sont pas experts économiques. Ils appliquent de leur mieux, la thermodynamique : Ils mangent et ils vont chier, pour enrichir le sol, Grâce auquel vont pousser les graines de tournesol Qu'en hiver, ils retrouvent ainsi sur les mangeoires. Quant à moi, je m'en vais. Je passais pour vous voir.
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