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Des buis et des genêts colonisent encore, Par endroits seulement, les rochers de calcaire Qui montent à l'assaut des sommets dénudés D'un mont qu'on dit Perdu où vous vous égarez Dans les buis, les genêts que la vie désespère Et dont les rameaux secs sont blanchis par la mort. Je glisse doucement tout le long de la crête. Je passe au ras des herbes, leur fais baisser la tête, Jusqu'à un éboulis où achève de fondre La neige qui sera bientôt le cénotaphe D'un isard qui est au royaume des ombres Depuis la fin d'hiver, sans aucune épitaphe, Puisqu'il est décédé d'une mauvaise glissade ; Que personne n'a su que sa dégringolade Vit son terme achevé d'une brève agonie Qui fit de lui un mort dès qu'il perdit la vie. Je parle de cénotaphe qui est un tombeau vide, Car au fur qu'il dégèle, à mesure je le vide. Je lui fais sépulture dans mes sucs gastriques Qui dissoudront ses os aussi bien que ses tripes. Mais pour l'heure, les tendons d'une patte résistent. J'ai beau tirer dessus et toutes mes forces, Rien ne vient et je risque de me faire une entorse À un muscle du cou. _______________C'est pourquoi, fataliste, Je m'envole en deux sauts et disparais bientôt. Mais je reviendrai tant qu'il restera des os.
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