| Je me distingue bien de ma cousine des champs Au fait que mon ventre est tout maculé de taches, Alors que le sien est uniformément blanc. Je suis aussi plus grosse. Je doute qu'on le sache. Et pour me reproduire, je suis la plus précoce. L'hiver se bat encore en giboulées de mars Que j'arrive à la mare pour y pondre mes gosses… À peine l'ai-je fait que déjà je repars Pour regagner les herbes folles qui s'entrelacent Dans les prairies de fond où grouillent des escargots, Des gris ou de Bourgogne, ils me font un bon rôt. Je ne dédaigne pas les très grosses limaces. Elles me font l'estomac tendu comme un ballon. Alors pour digérer, je me glisse à l'abri D'une grotte moussue et humide, à l'envi D'où j'observe le monde à travers mes yeux ronds.
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