Le grillon des champs : Gryllus campestris
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Le grillon des champs (Gryllus campestris)



Est-ce ma faute à moi si je suis chatouilleux ?
Qu'une tige graminée me chatouille le ventre,
Je quitte mes abris. Devrais-je dire mon antre ?
Je le creuse dans le sol, même le plus argileux.
Je me retrouve dehors. Le soleil m'éblouit.
Les UV me calcinent et la lumière me cuit.

Je n'aime pas non plus le tube de carton
Que vous posez à la fenêtre de mon trou,
Aussitôt, je m'y glisse, désespérément con…
Car alors, sans férir, je sais que l'on m'écroue,
Que mon heure est venue, qu'il faut me résigner
À ne plus profiter des belles nuits d'été,
Que j'égaye de mon mieux de mon chant vibrillant,
À l'heure où vous sortez pour un tour de jardin,
À l'heure où les œillets se disputent au jasmin
Pour savoir qui des deux est le plus entêtant,
À l'heure où la hulotte dans les grands châtaigniers
Proteste en hululant que vous la dérangiez.

Mais vous me relâchez. Je trépigne de colère.

Comment voulez-vous que je retrouve mon trou ?

Je risque à tout instant qu'on me brise le cou,
Croiser la musaraigne ou l'affreuse courtilière.
Il faudrait, croyez-moi, un peu plus de lumière…
Davantage de lampyres dans ce jardin de fous !

Jardin de Kerpotence, Hennebont.