| Vous les avez manquées. Elles vous auraient bien plu. Vous arrivez trop tard. Je vous avais prévenu De ne pas trop tarder. Les représentations De théâtre nippon qu'on donne sur le limnion, Commencent en février et s'achèvent en mars. Puis, c'est le coup de barre. L'amour laisse ses traces. Je suis lourd comme un plomb. La poussée d'Archimède Suffit à peine, je coule. Avec les pattes, je m'aide, Pour me propulser vite au plus fond des profonds, Là où vivent les carpes, les brèmes et les gardons Que j'avale tout entier, la tête et les arêtes. Même celles des perches, à peine ne m'arrêtent. Je suis très éclectique. Je n'ai pas d'autres vices... J'aime tous les insectes, aussi les écrevisses, Les têtards, les mollusques et les plantes aquatiques Auxquelles je rends grâce pour achever mon nid, Pour qu'il flotte assez haut quand les nappes phréatiques Remontent leur niveau quand tombent à seau les pluies Qui gonflent les étangs pour y noyer mes œufs Avant que mes poussins n'aient ouvert les yeux. Mais très rapidement, ils sauront bien nager. Ils ne craindront plus que la gueule du brochet, Les serres du busard ou le bec des pillards Qui croassent en planant comme les corneilles noires. Aussi, je veille sur eux. Quand ils sont fatigués, Ne peuvent plus me suivre. Je les fais embarquer Dans un fourreau de plumes au milieu de mon dos. J'étais un sous-marin. Je me fais paquebot. J'ai pris du plaisir à cette brève rencontre. Revenez l'an prochain. Pas question que je conte Le menu, le détail de nos joutes amoureuses, Nos masques et nos cris, nos allures japoneuses… Pensez à vos jumelles, car nous resterons loin. Si vous êtes patient, nous ferons le pingouin, Le chat et le snékar... Tous nos comportements… Mais détournez les yeux quand nous serons amants.
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