Le grèbe à cou noir : Podiceps nigricollis
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Le grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis)



Les ailes du moulin par le vent entraînées
Finiront bien, c'est sûr, par toute l'assécher,
L'eau qui remplit, encore, le fond de cette mare
Trop petite, maintenant, pour le moindre canard.

Il n'y a que des foulques qui jouent à se poursuivre
En courant sur les eaux, comme Jésus le prophète,
Dérangeant en passant des troupes d'avocettes
Qui fulminent devant tant de peu de savoir-vivre.

Un hibou des marais vient de se réveiller.
Il marche à grands pas sur le sable où des laisses
Indiquent à coup sûr, clairement, que l'eau baisse
Et qu'à terme, l'étang sera poldérisé.

J'apparais, magnifique, en plumage nuptial,
Tout de sombre vêtu, du rouge sur les flancs
Et comme vous êtes près, vous voyez, c'est normal,
Mes oreilles jaunes d'or et ma crête bouffant.

Je plonge tout à coup. J'en oublie mes enfants
Qui se cachent dans mes plumes, se retrouvent, flottants.
Mais je reviens bientôt avec des alevins
Qui leur font oublier qu'ils sont encore poussins.

Mon mari est plus loin et chasse des insectes.
Il m'appelle d'un trille et j'accours aussi sec.
Tous mes poussins débarquent de mon navire de plume.
J'en profite aussitôt pour sombrer comme enclume.

Car un banc de têtards ondule comme une raie.
J'en gobe tant et plus, les avale d'un trait.
Je remonte quand même quand il me faut de l'air
Et replonge, derechef, profitant de l'affaire.

Mais vous avez bougé. Las ! Vous n'auriez pas dû.
Car bien sûr je m'effraie, les hommes me font peur.
Je m'éloigne en nageant en vous perdant de vue
Dans les roseaux phragmites, caché pendant des heures.

Quelque part du côté de Leeuwarden, Pays Bas.