Le grèbe castagneux : Tachybaptus rufficolis
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Le grèbe castagneux (Tachybaptus rufficolis)



Ainsi je perds mon temps ! J'ai du mal à vous croire…
Oseriez-vous prétendre que même ma mémoire
Défaille au printemps quand arrive le moment
De déclarer la flamme qui brûle les amants ?

Pourtant, je suis bien sûr qu'il me faut retrouver
Ce poisson des profonds qu'on appelle hippocampe,
Que j'effrayai un jour, un jour que je plongeai
Et auquel je fis peur au point qu'il en décampe.

Tous les Dieux du limnion, courroucés, en colère,
Me jugeant pour l'affront, aussitôt, m'obligèrent
À faire que les niches biodiversifiées
De leurs écosystèmes fussent reconstituées.

C'est depuis ce temps-là que, sur tous les étangs,
Les mares et les cours d'eau, j'appelle en hennissant,
Cette haquenée des eaux, espérant qu'elle réponde
Et plonge au plus profond dans les eaux que je sonde.

Je fouille la thermocline jusqu'à l'hypolimnion.
J'en profite pour manger tous les colimaçons,
Les limnées, les planorbes et les larves d'insectes
Ou bien leurs imagos que je ramène au sec.

Maintenant, si vous dites que tous les hippocampes
Sont dans les eaux salées, au palais de Neptune…
J'arrête de chercher. Travailler pour des prunes…
Las, j'ai assez donné et ça me fout des crampes.

Quant aux Dieux, s'il est vrai qu'ils m'auraient abusé,
Il faut les condamner pour toujours à l'oubli.
Je subodore, d'ailleurs, qu'ils sont éradiqués.
Comment auraient-ils pu survivre à l'eutrophie ?

Étang dePriziac, Morbihan.