Le grand labbe : Catharacta skua
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Le grand labbe (Catharacta skua)


La plage du Magouëro, balayée par le vent,
Rapidement s'encombre des algues arrachées,
Roulées, enchevêtrées, jusqu'au bord de l'estran,
Par des vagues brutales qui frappent les rochers.

Cette tempête, c'est le reste d'un cyclone
Qui dévasta des îles où il fait toujours beau,
Sauf quelques jours par an, quand il y pleut à seau,
Que le vent plie les arbres, renverse les pylônes.

D'ordinaire, les cyclones qui naissent en Afrique,
Se meurent doucement sur la terre d'Amérique.
Mais parfois, il arrive qu'ils reprennent des forces,
Arrivent en Europe. Ils sont alors féroces.

Je trouve pour ma part que leur fréquence augmente.
Je crois et je suis sûr que la raison en est
Que la terre se réchauffe un peu plus chaque année.
Pourquoi voudriez-vous, qu'à la fin je vous mente ?

Je fus pris, malgré moi, dans cette dépression.
Qu'aurais-je donc pu faire face à cette agression ?
Résister ou me battre, mourir d'inanition
Ou bien plus simplement qu'elle m'entraîne vers Albion.

Puis de là, vers la Manche, les côtes du Morbihan.
Je retourne en Islande par des voies détournées.
D'abord, je longe l'Afrique, ensuite les alizés,
Me conduisent aux Sargasses où il fait beau, souvent.

Sur les îles Caraïbes, je retrouve les vents d'ouest.
Encore deux jours d'effort et je suis à Terre-Neuve.
Je me fais à Thulé, la santé toute neuve,
Sauf et ça va de soi, si le sort m'est funeste.

Je ne fais que passer sur votre plage bretonne.
Ravi de vous avoir vu entre deux rafales.
On se reverra puisque les hommes déconnent
Et réchauffent la terre, bien mieux qu'avec un poêle.

Magouëro, Plouhinec.