Le grand gravelot : Charadrius hiaticula
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Le grand gravelot (Charadrius hiaticula)


D'un côté, une plage qui contourne la baie.
De courtes vagues accourent en vagues qui se pressent
Et meurent aplaties. Le sable les assèche,
Telle la peau de la bonne qui sert l'abbé…
D'Audierne, bien entendu !
____________________Fallait-il préciser ?

De l'autre, des lagunes, leurs grandes cariçaies.
Des surplombs de granit retiennent encore des champs
Sur lesquels se promènent alouettes et bruants.

Comme un mur écroulé, la levée de galets,
Garnie de choux marins, de grandes herbes sèches,
Sépare de la plage, les carex qui se pressent
En formation serrée, bordée par la saulaie.
Au-dessus des étangs passe un héron pourpré.
Des cisticoles pendulent dans le ciel, invisibles.
Des barges à queue noire se posent sur un pré.
Les rousserolles fâchées sont vraiment susceptibles.

J'ai caché mes trois œufs au milieu des galets.
Mon nid, au début, vous ne l'avez pas trouvé.
Vous vous êtes caché et avez attendu
Que je revienne prudent, me reposer dessus.

Puis vous m'avez filmé sous toutes les coutures
Et mes enfants aussi.
____________Quand ils naissent, c'est très dur
De casser la coquille et ils sont tout mouillés.
Mais avec le soleil, ils auront vite séché.
Sitôt qu'ils sont bien secs, vite alors je les presse,
Qu'ils apprennent à courir du plus vite qu'ils peuvent
Et quand on les rattrape, de cesser qu'ils se meuvent,
De ne plus bouger quand même on les caresse.

Leurs teintes homochromes les cachent soigneusement.
C'est pour ça, bien souvent et la plupart du temps,
Qu'ils échappent au regard ou au flair des renards
Et des autres puants qui passent par hasard.

Très vite, ils seront grands et pourront s'envoler,
Et sauf un accident, si la mort les rattrape,
Avant qu'ils n'atteignent une dizaine d'années,
Ils auront voyagé de Mourmansk jusqu'au Cap.

Trunvel, Baie d'Audierne.