Le goéland railleur : Larus genei
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Le goéland railleur (Larus genei)


Des gamins presque nus s'amusent sur une écluse
Qui surplombe un canal que le plancton rend glauque.
Votre coche cama, un instant, les méduse
Et dans l'instant d'après, mendient, d'une voix rauque :
- Dinero, dinero ! Mais des caramels mous
Leur feront plus plaisir, surtout qu'ils collent aux doigts,
Que des plus dégueulasses, jamais plus tu n'en vois
Et je ne te dis pas l'état de leurs genoux !

Il fait chaud, même à l'ombre et l'ombre se fait rare.
Le soleil s'insinue partout dans Sanlúcar.
Le fleuve Guadalquivir est vraiment au plus bas.
Il te dissout la main, si tu y mets le bras,
Car c'est une évidence, il ne charrie plus d'eau,
Seulement des acides et des hydrocarbures.
Tu en bois, tu t'endors, pas besoin de bromure
Et quand tu te réveilles, c'est au fond d'un caveau.

Ainsi les Clostridium qui donnent le botulique,
Survivent en pleine eau, tout à fait asphyxique.
Les spatules, les enfants, les canards, les boiteux,
Souffrent de tous leurs muscles, pire que des scrofuleux.

Nous, nous sommes de passage. À peine arrêtés,
Nous voilà repartis. Le temps de constater,
Notre plumage clair qui tranche, on peut le voir,
Avec les pattes, le bec, le bord des rémiges noires.

Bientôt nous survolons des bandes de rieuses
Et foutons la pagaille. Tout le monde de gweler.
Deux ou trois coups de bec ne font pas de blessés.
Seul un héron s'envole en nous traitant de chieuses.

Sanlúcar de Barrameda, Andalousie.