La gorge bleue à miroir blanc : Luscinia svecica
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La gorge bleue à miroir blanc (Luscinia svecica)


J'habite une cuvette, au beau milieu des dunes
Du littoral breton, au bord d'une lagune
Protégée par un mont des fureurs de Neptune.
Il y a des profonds où croissent des massettes.

J'habite des buissons sur sables et limons
Où poussent des orchidées, orpins et giroflées,
Chlora imperfoliées et chlora perfoliées.

Vous pourrez admirez, attendant de me voir,
Des Ophrys araignée, des Sérapias noirs
Juste au pied des genêts ou des Orchis hircins
Au milieu du chemin. Les pieds d'Epipactis
Sont encore en bouton, noyés comme la ville d'Ys
Au beau milieu des joncs.

Le bruant des roseaux se montre moins discret.
Maintenant ses petits sont tous partis du nid.
Le mâle du vanneau se montre bien inquiet.
Le pipit farlouse se cache dans la pelouse,
Se saisit d'un criquet qui se trouve sauvé
__ Voyez la destinée ! __ d'une mort bien cruelle
Dans les serres acérées du faucon crécerelle.
Un motteux détraqué, qui a peur de son ombre,
Se cache, tout agité, au milieu des décombres,
Des ruines en béton où moururent en nombre
Des soldats verts matés. Cela fait bien longtemps.

Je vous vois patienter, soigneusement noter
Mes allées et venir qui, à n'en plus finir,
Me conduisent du nid au dédale fouillis
Qui me cache entièrement. C'est là que je déniche
Becquée pour mes enfants. Car à terre j'ai caché,
Juste au pied du talus, une coupe moussue
D'herbes entrelacées, de crins que les juments
M'ont offerts pour ma niche.

Mon cousin du Finnmark agit comme hérésiarque,
S'il affirme tout de go que mon chant est moins beau…

Lequel de nous deux, d'après vous, chante le mieux ?

Dunes grises du Sémaphore d'Étel.