| Je suis tout à la fois, grégaire et asocial. Grégaire, je n'y peux rien, c'est à cause du courant Qui nous pousse dans les anses et nous apporte à table Les bestioles noyées qu'on se met sous la dent. Asocial, c'est forcé. Dès qu'une proie se pointe, Le premier d'entre nous qui la voit, y a droit. Il la pique, il la suce et défend son repas. Personne ne nous reçoit si l'on veut porter plainte ! C'est le struggle for life comme aurait dit Darwin, Mélangé d'altruisme. Quand on est rassasié, On laisse volontiers une proie dériver Pour un des nôtres dont, bien sûr, l'on devine Qu'il est sur nos talons et prêt à en découdre. D'autant qu'un mauvais coup est bien vite arrivé… Un mauvais coup de rostre. Nous nous sentons dissoudre, La fatigue nous gagne et nous sommes vidés.
|