L'aigrette garzette : Egretta garzetta
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L'aigrette garzette (Egretta garzetta)



Il faut que je vous dise que si j'ai les doigts jaunes,
C'est pour les distinguer quand je remue la vase
Des petits animaux qui s'échappent, à l'occase :
Des vers ou des poissons, des buzucs dodus,
Que je picore vite d'un coup de bec pointu
Et déjeune sans savoir bien leur rang dans la faune !

Vous remarquerez que, maintenant protégée,
On me voit plus souvent… On me voit sur les vases,
Sur les plages, sur le sable ou les prés inondés,
Les marais, les étangs, sur de simples trous d'eaux.
Vous pourriez même me voir auprès d'un caniveau
Si j'y trouvais mon rôt, ma nourriture de base.

Je vole nonchalamment comme un gros papillon,
Me pose gracieusement, légère comme un ballon.
Quand arrive le printemps, je mets mon bel habit
De plumes filiformes sur ma nuque et mon dos,
Pour aller à la noce… Il faut faire ce qu'il faut
Et nos belles nous pondent nos petits dans un nid.

On les élèvera dans une colonie,
Sise au bord d'un étang dans les branches d'un aulne
Où nichent des hérons bien plus gros et tout gris
Ou dans les tamaris qui poussent le long du Rhône ;
En Espagne andalouse, dans les pins parasols
Ou dans les chênes-lièges, du faîte jusqu'au sol.

Moi, je n'ai jamais fait le voyage en Afrique.
L'hiver est assez doux en pays d'Armorique.
Je ne verrai sans doute jamais de crocodile.
La rivière d'Étel est moins large que le Nil.
Sur ses vases salées où pousse la salicorne,
J'aime à me promener au milieu des tadornes.

Rivière d'Étel, Nostang.