| Je rentre vers le soir en troupes silencieuses Quand se terminent enfin nos tournées labourieuses, Qu'on s'en revient des champs avec les mouettes rieuses, Qu'on a débarrassé des chenilles dévoreuses Pour que les paysans aient des glanes nombreuses Sans qu'ils y sèment des pestes avec leurs épandeuses. Je reviens sur la plage pour y faire le clone, Juste au milieu des miens, qui, de façon synchrone, Se tournent vers le vent qui aplatit les plumes. Alors, on s'endort tous, tout comme des enclumes. Mais au petit matin, on sera tous partis Pour jouer dans le vent qui nous emmène loin Au-delà de la terre, jusqu'en des paradis Où les déchets de l'homme s'entassent avec soin. On aime aussi gweler sur les toits des hangars Qui surplombent partout ces espèces de gares Où viennent des bateaux tout remplis de poissons. Quand ils tombent des bacs, c'est fou ce qu'ils sont bons. On peut même nicher sur ces toits en fibro Puisque à l'évidence, on ne serait pas trop, Même si quelquefois, on couve un mois de trop Si l'on arrose nos œufs d'une sorte de sirop Qui bloque la blastula et l'embryon végète. Ça l'empêche de naître, de nous faire trop nombreux. J'ai lu ça quelque part, pour la femme et ses œufs… Quand elle en pondrait trop, le médecin l'ivégète. Moi, je niche tout en haut d'une espèce d'îlot. La mer y gronde au pied comme sur la côte sauvage Et y noie bien souvent, quand ils y font naufrage, Des marins sur une planche et une voile en biseau. S'ils restent un peu dans l'eau, ce qui arrive souvent, Je leur dévore les yeux et la langue gonflée Avant que les étrilles n'achèvent de les ronger, Soient grasses à souhait et attirent le chaland.
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