| Je fus pendant un temps, disons, une matinée La cause de votre honte. M'avez-vous pardonné ? On vous avait prié de venir me pêcher À la graine, à la mousse… __________________C'était la tasse de thé Des pêcheurs qu'ont le coup pour vite me ferrer Avant que je ne crache la bouchée convoitée Et me retrouve ainsi au fond d'une bourriche, Privé, pendant un temps, des herbiers callitriches. Vous n'étiez guère adroit et me manquiez toujours. De toute la matinée, vous restâtes bredouille. Vous dûtes convenir et sans tourner autour Que cette pêche-là, … elle vous cassait les couilles ! Mais les Dieux ont pour vous bien souvent des faiblesses. Je n'en sais la raison, d'autant moins qu'à confesse, Vous n'alliez pas conter vos talents de pêcheur Au curé qui, c'est sûr, vous aurait crû menteur ! Vous prîtes une belle brème avec un ver de vase Et sitôt la montâtes sur un " Pater noster ". Le traité Duborgel, acheté en occase, Disait de la technique qu'elle venait d'Angleterre. Vous lançâtes le tout, en amont d'un herbier. Le bouchon coulissant vous indique la prise. Dix secondes de patience paraissent éternité… C'est le prix à payer pour ferrer sans surprise Un énorme brochet qui fera au peson Quinze livres, (je le sais, il se jetait sur nous), Qui vous laisse épuisé et presque à genoux, Vous fait oublier que vous êtes nul aux gardons.
|