| J'habite dans les forêts où dans les fondrières, Je ponds mes œufs en grappe dès la fin de l'hiver. Ils me donnent des enfants que je ne verrai pas. D'ailleurs, tous ces têtards ne me ressemblent pas. Dites-moi, est-il vrai qu'il arrive parfois Que tous mes avortons finissent par manquer d'eau, Surtout les années sèches, quand la boue s'évapore… Est-il vrai, pour survivre, que tous s'entre-dévorent Et que seuls les plus forts se transforment en crapaud ?… Si c'est vrai, dans les Dieux, je n'aurai plus la foi ! Encore que je me foute de ces monstres qui naissent Des œufs que j'ai pondus et semés dans l'ornière, Tout comme du lombric trouvé sous la litière, Il a un goût amer, aussi je le délaisse. Je n'aime que l'amour et les longues étreintes Dans les bras de mon mâle, lequel me sert si fort, Quand la passion l'emporte, que j'en garde l'empreinte Et manque d'étouffer, emportée par la mort. Et j'aime les forêts, sur les feuilles, j'homochrome, J'échappe ainsi souvent aux serpents et aux gnomes.
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