| Je voulais remercier ces pommes délicieuses Qui oublièrent de choir du haut de ce pommier. Elles m'aidèrent à passer mieux la saison pluvieuse De cet hiver breton qui m'a frigorifiée. J'avais, une fois de plus, décidé de passer Mes vacances d'hiver près de votre jardin. L'Afrique, les migrations, toujours partir au loin, C'est bon pour les plus jeunes tant qu'ils ont la santé. Vous aurez remarqué qu'avec mon compagnon, Nous nous étions montrés en maintes occasions Avec tous ces oiseaux qui viennent aux mangeoires Et aussi ces moineaux qui ont fait leur dortoir Des lierres qui enserrent les murs de la demeure Où vivent aussi vos chattes qui voudraient que l'on meure. Sinon, expliquez-moi, pourquoi elles nous poursuivent. ? Si d'aventure, on se pose, elles se font agressives. Il semble que vous pourriez leur donner la leçon. Á quoi leur servirait de hâter notre mort ? Á moins qu'elles ne soient sottes, pire que colimaçon Ou comme tous les félins, fielleux, roublards, retors ! Si vous avez bien vu qu'avec mon compagnon, Nous nous étions montrées en maintes occasions, Vous en déduirez, donc, que nous sommes fidèles, Tant, au moins, que les Dieux ne nous coupent pas les ailes. J'aimerais bien vous voir, quand le printemps viendra. Vous m'entendrez, c'est sûr et me reconnaîtrez. Je flûte en gazouillis, je termine en forte Ou j'alerte excitée quand on s'approche de moi. Á l'instar de mes sœurs, d'une majorité… J'aime les vallons boisés et bien ensoleillés, Les ronces impénétrées au-dessus des ruisseaux Ou les fonds des talwegs où poussent les sureaux. Même si je suis fidèle, chaque année, je courtise Toutes ailes frémissantes, celle qui m'est promise. Elle me pondra cinq œufs qui feront cinq poussins, Qu'il nous faudra nourrir parce qu'ils crieront de faim Et s'enfuiront du nid si vous les dérangez Et s'enfouiront bien vite au plus fond des fourrés, Bien avant qu'ils ne sachent comment faire pour voler. Je vous fais mes adieux, il me faut me cacher.
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