La fauvette à tête noire : Sylvia atricapilla
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La fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla)


Je voulais remercier ces pommes délicieuses
Qui oublièrent de choir du haut de ce pommier.
Elles m'aidèrent à passer mieux la saison pluvieuse
De cet hiver breton qui m'a frigorifiée.

J'avais, une fois de plus, décidé de passer
Mes vacances d'hiver près de votre jardin.

L'Afrique, les migrations, toujours partir au loin,
C'est bon pour les plus jeunes tant qu'ils ont la santé.

Vous aurez remarqué qu'avec mon compagnon,
Nous nous étions montrés en maintes occasions
Avec tous ces oiseaux qui viennent aux mangeoires
Et aussi ces moineaux qui ont fait leur dortoir
Des lierres qui enserrent les murs de la demeure
Où vivent aussi vos chattes qui voudraient que l'on meure.

Sinon, expliquez-moi, pourquoi elles nous poursuivent. ?

Si d'aventure, on se pose, elles se font agressives.
Il semble que vous pourriez leur donner la leçon.
Á quoi leur servirait de hâter notre mort ?
Á moins qu'elles ne soient sottes, pire que colimaçon
Ou comme tous les félins, fielleux, roublards, retors !

Si vous avez bien vu qu'avec mon compagnon,
Nous nous étions montrées en maintes occasions,
Vous en déduirez, donc, que nous sommes fidèles,
Tant, au moins, que les Dieux ne nous coupent pas les ailes.

J'aimerais bien vous voir, quand le printemps viendra.
Vous m'entendrez, c'est sûr et me reconnaîtrez.
Je flûte en gazouillis, je termine en forte
Ou j'alerte excitée quand on s'approche de moi.

Á l'instar de mes sœurs, d'une majorité…
J'aime les vallons boisés et bien ensoleillés,
Les ronces impénétrées au-dessus des ruisseaux
Ou les fonds des talwegs où poussent les sureaux.

Même si je suis fidèle, chaque année, je courtise
Toutes ailes frémissantes, celle qui m'est promise.
Elle me pondra cinq œufs qui feront cinq poussins,
Qu'il nous faudra nourrir parce qu'ils crieront de faim
Et s'enfuiront du nid si vous les dérangez
Et s'enfouiront bien vite au plus fond des fourrés,
Bien avant qu'ils ne sachent comment faire pour voler.

Je vous fais mes adieux, il me faut me cacher.

Jardin de Kerlivio, Hennebont.