| Ma cousine corneille a, certes, des qualités, Mais, fait-elle comme nous ? Tient-elle des congrès ? Non, c'est une évidence ! Nous, nous sommes savants Et dûment regroupés en une société Où le costume qui sied est l'habit de soirée, Une cire sur nos becs, sorte de plastron blanc Qui pousse seulement quand nous sommes initiés. Avez-vous remarqué nos façons de marcher ? En groupe, doctement, en explorant les champs, En échangeant sans cesse des propos édifiants Sur la philosophie, la sagesse ou les mets Que l'on trouve par terre et qu'il faut consommer, Car nous cultivons l'art d'être de fins gourmets. Quand arrive le moment de tous nous rassembler, Proposer des synthèses et parler du passé, Nous pondons quelques œufs pour avoir des enfants. Le temps est trop précieux pour qu'on perde du temps Aux tâches matérielles. Et si nous sommes bruyants, C'est que nous discutons des différents courants De la pédagogie. _____________D'aucuns sont partisans Que l'on différencie, toujours globalement, Le métacognitif socio-didactiquement, De l'algorithme subtil dûment circonstancié. D'autres disent préférer le côté récurrent D'une approche piagétienne qui conduit sûrement Á l'analyse formelle du concept aviné Ou bien rebondissant qu'on appelle un ballon. Quelques autres ricanent, les tenant pour barbons ! La plupart d'entre nous s'en foutent éperdument. Ils feront de leur mieux pour apprendre aux enfants Les choses qu'il faut savoir, que l'on doit enseigner Sans se prendre la tête qu'ils auraient vite enflée De phrases alambiquées comme sorties du néant Et qui nous y replongent tout aussi prestement. Car les mots compliqués camouflent savamment L'ignorance dans laquelle nous restons bien souvent. Qui pourra bien répondre à ce questionnement ? Comment des enfants apprennent-ils facilement ? Et pourquoi quelques-uns, bien malheureusement, Ne le pourront jamais et resteront au ban… (C'est bien le mot sans c, comme de la société…) Ce quel que soit le temps qu'ils passent sur les bancs D'une école en faillite qui n'émancipera Que ceux qui pourront bien suivre son projet-là. Non que je veuille dire, bien sûr, évidemment, Qu'il faille ne rien faire pour ces pauvres enfants. C'est même le contraire. Il faut tout essayer. Les enfants qui le peuvent, quel que soit l'enseignant, S'éveillent dans les classes aux effectifs chargés, Peut-être un peu moins vite, mais sans difficultés. Mais, ceux qui en connaissent resteront à traîner En se désespérant et c'est désespérant ! Ils seront bien trop vite la proie de l'épervier Qui les privera de nos bonnes sociétés. Monsieur le Ministre aux Instructions Officielles, Laissez-moi croasser quand je lis le jargon Qui préside aux écrits de quelques parangons Quand ils imposent aux maîtres des méthodes, des modèles… Il me vient à l'idée que ces grands pédagogues N'ont jamais vu de près ce qu'était une école. Á lire ce qu'ils écrivent, on perd vite la boussole Et les pages de leurs livres ne serviront qu'aux gogues.
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