| J'inscris P. tarsatus sur ma carte de visite Je vis dans les forêts et mange des termites, Quelque part en Afrique, tout près de l'Équateur. Je ne quitte jamais la surface du sol. Jamais il ne m'arrive de gagner les hauteurs Des frondes des fougères ou des herbes parasols. Mais vivre sur l'humus, dans l'enchevêtrement, Souvent, je me salis, couvert du mycélium Des champignons qui rampent, transforment patiemment La matière organique des feuilles, en ammonium. L'un d'eux, un Cordyceps, profitant de l'aubaine, M'attaque, se faufile, infiltre mes tissus Jusqu'à mon cerveau, finalement s'insinue… Sécrétant ses toxines, modifiant tous mes gènes. J'oublie complètement mon programme d'insecte. Je quitte ma tribu dont j'oublie le dialecte. Sur la tige d'une plante, je monte prestement. Et quand je suis en haut, m'y accroche fortement, Par les pattes, les mâchoires, les pièces des mandibules. Je finis par mourir et sèche, je pendule… Alors le champignon déploie son carpophore Qui déverse, en pluie fine, mille milliards de spores. Trop souvent, il en est des idées toutes faites, Des discours bien appris, des programmes politiques, Des arguments sans faille de la pensée unique, Qui, comme des mycéliums, envahissent la tête Et font croire à l'élu que, s'il arrive au faîte, Il aura pour son peuple, une mission, un devoir… L'élu, à peine grimpé sur la tige du pouvoir, Est déjà mort et sec. ______________Mais pourtant il s'entête À semer des idées qui ne sont pas les siennes Et à les asséner sous la forme d'antiennes.
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