La foulque caronculée : Fulica cristata
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La foulque caronculée (Fulica cristata)


Je vis au Palacio du Coto Doñana.
Je partage une mare avec d'autres oiseaux :
La talève, l'échasse, le milan qui tournoie,
L'arlequin, la cigogne et le canard chipeau.

Je ressemble aux judelles et voir mes caroncules,
Relève de l'exploit car à cette saison,
Elles ont disparu. La meilleure façon
Pour bien m'identifier, ce sont mes mandibules.
Elles sont teintées de bleu comme les petits garçons.
Le bec de la macroule est rose comme les filles.

Le reste, c'est pareil ou affaire d'opinion,
Des détails du front, peut-être ? Une broutille…
M'auriez-vous reconnue ? Vous êtes circonspect.
Il faut qu'un Espagnol qui me connaît très bien,
Qui est guide dans ce parc, vous dise que mon aspect
Ne lui laisse aucun doute et que j'appartiens bien
À l'espèce cristata. Mon cri n'est pas pareil.

Vous ne l'entendrez point puisque rapidement,
Je fuis sous les roseaux, ne vous laisse pas le temps
De prendre une photo avec votre appareil.
Tous les jours qui suivront, je resterai cachée.
Vous pourrez raconter ce trait de caractère
Qui me distingue mieux, de l'autre, plus ordinaire,
Au moins plus répandue, davantage familière.

Je me pose une question, saurez-vous y répondre ?
C'est de savoir pourquoi quelques rares espèces :
La talève, l'élanion ou bien l'aigle ibérique,
La pie bleue, le turnix, l'érismature, moi-même,
Sommes localisées, mais regroupées quand même
Sur cette portion du monde, disons, mozarabique ?

Dans mes rêves les plus fous, j'ai vu que nos espèces
Vivaient chez les Atlantes qui nous regardaient pondre !

Palacio du Coto Doñana.